Les ministres de la mobilité s'apprêtent à changer les règles et envisagent de remplacer la taxe de circulation forfaitaire, par une taxe adaptée au comportement routier de chacun. En clair, par exemple,
celui qui fait le plus de kilomètres aux heures de pointe serait le plus taxé. Un projet qui sera testé dès janvier 2014.
C'est un tout petit boitier mais sa mémoire est particulièrement grande. Embarqué dans un véhicule léger, il calculera le prix de vos déplacements.
Sur l’écran de l’appareil, s’affiche la localisation du véhicule mais aussi le "prix" de la route que l’on emprunte. Car rouler sur une autoroute aux heures de pointe coutera plus cher qu'emprunter le même axe à un autre moment.
C'est le principe de la taxe au kilomètre pour les petits véhicules, une idée qui sera bientôt testée sur un échantillon de 1000 personnes. Des participants circulant dans un rayon de 30 km dans et autour de Bruxelles verront leurs véhicules équipés du nouveau boitier en test.
Une taxe au kilomètre afin de faire évoluer les comportements
L'objectif de ce dispositif : influencer les comportements des automobilistes. "Le boitier va afficher un prix et si ce prix est plus élevé, cela devrait inciter l’utilisateur à changer son comportement", selon Frederik Smets de la cellule interrégionale pour la réforme de la taxation routière.
Autre objectif : pousser les conducteurs à fréquenter davantage les transports publics ou à planifier leurs déplacements à d’autres heures, moins denses niveau trafic et donc plus avantageuses fiscalement.
Une expérimentation à grande échelle soutenue par les trois régions du pays. Même si lors de la présentation du projet, seule la ministre bruxelloise des transports était présente.
"Je crois que ce serait une taxation beaucoup plus juste", estime d’ailleurs Brigitte Grouwels. La ministre CD&V pense également qu’ "il est beaucoup plus juste de ne pas taxer quand on n’utilise pas sa voiture et de taxer en fonction de l’utilisation, cela permettra de diminuer les files pendant les heures de pointe".
La taxe au kilomètre remplacera-t-elle bientôt la taxe annuelle ? Rien n'est encore décidé mais les premiers résultats sont attendus pour avril 2014.
Le projet pilote commencera le 17 février un projet-pilote dans la zone RER autour de Bruxelles.
Le président du cdH, Benoît Lutgen, a rappelé vendredi son opposition à l'idée de taxer au kilomètre les particuliers, alors que commencera le 17 février un projet-pilote dans la zone RER autour de Bruxelles. Du côté du cabinet du ministre wallon de la Mobilité, Philippe Henry (Ecolo), l'on a tenu à replacer le projet dans son contexte, qui associe les trois Régions du pays. "Il s'agit d'une mauvaise solution à un réel problème de mobilité. Un tel système serait incontrôlable, très coûteux en fonctionnement et reviendrait à asphyxier les travailleurs et les ruraux! En effet, cette taxation pénaliserait toutes les femmes et tous les hommes qui n'ont pas d'autre solution que de prendre leur voiture pour se rendre à leur travail. Il s'agirait donc d'un nouveau frein à l'emploi et toucherait davantage les bas et moyens salaires", a souligné M. Lutgen.
Si le projet-pilote associe les trois Régions, il ne s'agit que d'une étude et d'une initiative menée à l'échelon des ministres de la Mobilité (qui sont Ecolo à Bruxelles et en Wallonie, ndlr), a-t-on expliqué au siège du parti centriste.
L'initiative trouve son origine dans l'accord conclu en 2011 entre les trois Régions (le cdH est au pouvoir en Wallonie et à Bruxelles, ndlr), qui prévoyait d'une part un prélèvement kilométrique pour les poids lourds, attendu pour 2016, et d'autre part le lancement d'un projet-pilote visant les véhicules légers dans la zone RER.
Pour mettre en oeuvre ce deuxième volet, 1.200 participants ont été recrutés, a-t-on expliqué au cabinet du ministre wallon de la Mobilité, Philippe Henry. Leur comportement sera étudié grâce à l'installation d'un ordinateur de bord.
Les tarifs ont été fixés en référence à des expériences menées dans d'autres pays mais ils ne reflètent en rien les éventuels tarifs futurs, a-t-on précisé. La mise en place d'un tel système impliquera en outre de répondre à de nombreuses questions de nature financière, technique (en particulier l'équipement des voitures) ou relatives à la protection de la vie privée.
Le cabinet du ministre évoque une échéance à long terme, de l'ordre de deux législatures.
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